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Captages d’eau potable
La gestion qualitative de l’eau sur le périmètre du SAGE permet de garantir sa potabilité sur les zones de captage. Le SAGE présente sur son territoire 163 ouvrages de prélèvements d’eau potable dans la nappe (84 en Drôme, et 79 en Isère).
Protéger des zones stratégiques pour l’alimentation en eau potable
Désireux de préserver les ressources stratégiques pour l’Alimentation en Eau Potable (AEP), le SAGE a défini 30 zones de sauvegarde (ZS) sur son territoire, correspondant aux ressources en eau de bonne qualité et en quantité suffisante pour l’alimentation en eau potable actuelle et future des populations.
Ces ressources en eau stratégiques bénéficient actuellement de protections inégales. La Commission Locale de l’Eau souhaite donc engager un plan de préservation des ressources stratégiques pour l’alimentation en eau potable qui passe par des mesures réglementaires visant les activités ou les secteurs les plus à risque, une prise en compte à travers les documents de planification, ainsi qu’une amélioration de la connaissance et de l’information des acteurs de terrain.
Les zones de sauvegarde ont pour objectif de maintenir une qualité de l’eau compatible avec une production d’eau potable ainsi qu’un équilibre quantitatif entre les prélèvements et la recharge naturelle, en mettant en œuvre sur ces secteurs des actions spécifiques et en encadrant certaines activités. Elles peuvent être exploitées (ZSE) si un captage d’eau potable y sollicite déjà la ressource en eau ou non exploitées actuellement (ZSNEA), et, dans ce cas, réservées pour la satisfaction des besoins futurs en eau potable des populations.

La vulnérabilité
La vulnérabilité au sein des zones de sauvegarde est obtenue en croisant 5 paramètres physiques du sol et du sous-sol :
- Pluie efficace : part des précipitations qui ruisselle et s’infiltre dans le sol et qui contribue réellement à la recharge des nappes souterraines,
- Sol : couverture du sol et sa capacité à filtrer l’eau en cas de pollution,
- Capacité d’infiltration : capacité des formations géologiques présentes sous le sol à laisser s’infiltrer ou ruisseler l’eau,
- Épaisseur de la zone non saturée : distance entre la surface du sol et le niveau de la nappe d’eau souterraine,
- Perméabilité de l’aquifère : vitesse à laquelle l’eau circule horizontalement dans la zone saturée en eau de l’aquifère.
5 classes de vulnérabilité sont ainsi définies par le croisement des paramètres :
| Très faible | Faible | Moyenne | Forte | Très forte |
Particularité de la zone de sauvegarde des Chirouzes
La zone de sauvegarde des Chirouzes sur la commune de Saint Romans en Isère n’a pas fait l’objet d’une cartographie de la vulnérabilité selon la méthode expliquée ci-dessus. La carte présentée s’appuie sur les travaux du Syndicat Intercommunal d’Eau Potable, d’Irrigation et d’Assainissement (SIEPIA) et correspond à la vulnérabilité des parcelles au lessivage.
Module cartographique
Une cartographie dynamique des zones de sauvegarde et de leur vulnérabilité est disponible via l’outil ci-dessous
Délimiter des zones vulnérables nitrates
La directive européenne “nitrates” (adoptée au Parlement Européen en 1991) est à l’origine de la réglementation sur la protection des eaux contre la pollution par les nitrates. En France, elle se traduit entre autres par la désignation des « zones vulnérables nitrates », qui sont des parties du territoire alimentant des masses d’eau dépassant ou risquant de dépasser le seuil de 50 mg/L de nitrates, ainsi que celles présentant des tendances à l’eutrophisation (l’eutrophisation correspond à la surabondance de matière organique dans un milieu qui conduit à son asphyxie). Des programmes d’action pour la réduction des intrants et des programmes de surveillance sont mis en place sur ces zones.
Dans les zones vulnérables nitrates, les activités agricoles sont réglementées par un arrêté préfectoral : il impose l’élaboration de plans individuels de fumure et la tenue d’un cahier d’épandage des fertilisants azotés, le respect de certaines périodes d’interdiction et conditions particulières d’épandage des fertilisants et qui préconise certaines pratiques (par exemple l’implantation de cultures intermédiaires d’automne « pièges à nitrates », l’enherbement des berges de ruisseau etc…).
Sur le SAGE Bas Dauphiné Plaine de Valence, 167 communes sont classées en zones vulnérables nitrates en 2022 (contre 86 en 2012). Certaines communes, dans la vallée de l’Isère notamment ont été déclassées en 2022, mais d’autres communes de la Drôme des Collines sont rentrées dans le périmètre. Les DDT de la Drôme et de l’Isère permettent de consulter les cartes des zones vulnérables nitrates :
Protéger les captages d’eau potable
Les captages d’eau potable sont protégés à différents niveaux, selon des zonages qui facilitent la mise en place d’actions de lutte contre les pollutions diffuses ou ponctuelles. Certains captages sont dits « prioritaires », lorsque l’objectif est d’obtenir une qualité des eaux brutes suffisante pour limiter ou éviter tout traitement des pollutions en nitrates et en pesticides avant la distribution d’eau potable. Il y a 9 captages prioritaires sur le territoire du SAGE. La démarche captage prioritaire permet de délimiter une aire d’alimentation de captage, de réaliser un diagnostic des pressions sur ce territoire, d’élaborer un plan d’action puis de le mettre en œuvre.
Favoriser une agriculture raisonnée
Au-delà de la réglementation, des programmes nationaux, régionaux, et départementaux permettent de favoriser une agriculture limitant les intrants. C’est le cas des Mesures Agro-environnementales et climatiques (MAEc), de l’agriculture biologique, du programme Agr’Eau 26 piloté par la Chambre d’Agriculture de la Drôme et financé en partie par le Département de la Drôme et l’Agence de l’Eau. Par ailleurs, de plus en plus d’exploitations agricoles tentent et s’engagent dans de nouvelles pratiques afin de limiter les intrants, et donc les pollutions diffuses (nitrates et produits phytosanitaires). Parmi celles-ci on retrouve :
- l’agriculture de conservation (couverture des sols, rotations longues, faible travail du sol)
- les semis directs sous couvert
- les cultures associées
- les cultures à bas niveau d’intrants
- l’élevage herbagé extensif
- l’agroforesterie
